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Rencontre avec Claude Mallet, directeur de l'Alliance française de Botafogo (Rio de janeiro)

 

 

Après l'Alliance Française de Buenos Aires où il effectue sa coopération en 1979, Claude Mallet découvre celle de Recife (au Nord Est du Brésil) où il demeure six ans. Il séjourne ensuite au Paraguay avant de retourner au Brésil : il dirige à présent l'Alliance Française de Botafogo (Rio de Janeiro) et se définit lui-même comme un " vieux crocodile ", désormais attaché à l'Alliance Française " pour la vie ".

UMAP : Pourquoi existe-t-il autant d'Alliances Françaises au Brésil ?

Claude Mallet : L'Amérique Latine est la terre des Alliances. En l'absence d'instituts, toute la politique de diffusion de la culture française s'appuie sur elles. L'Alliance est une " vieille dame " : au Brésil, la première a été fondée en 1886. Le grand nombre d'antennes de l'AF à Rio et à Sao Paulo s'explique par l'immensité des deux villes dans lesquelles la circulation est très difficile. Chaque quartier doit avoir son Alliance. Ce n'est pas le cas à Buenos Aires, par exemple, où une très grosse Alliance suffit à occuper le centre ville. A Rio, les AF ont poussé comme des champignons pour suivre le déplacement de la population vers le sud.

UMAP : Qui sont vos étudiants ?

Claude Mallet : Ils sont pour la plupart issus des classes moyennes et supérieures, car nos cours restent relativement chers. Pour vous donner une idée, les trois heures de cours par semaine qui constituent notre forfait habituel, coûtent 304 Real (100 €) par mois. Et 304 Real, c'est le salaire minimum au Brésil ! Il faut comprendre qu'il y a deux réseaux de diffusion de la culture française : les Alliances et les Instituts. Les Alliances sont des associations soumises au droit local, et créées par des locaux : elles ne reçoivent d'autre aide de l'Etat français que les délégués qui sont mis ponctuellement à notre disposition. Contrairement aux Instituts, qui sont entièrement financés par l'Etat. Conséquence : notre existence dépend des frais de scolarité que paient nos étudiants.

 

L'Alliance française de Botafogo

 

UMAP : L'Etat brésilien ne vous aide pas ?

Claude Mallet : Nous recevions, il y a encore cinq ans, des " philanthropies ", exonérations d'impôts et de charges sociales réservées aux organisations d'utilité publique (Les universités privées, par exemple, en bénéficiaient également), mais l'Etat les a supprimées, et nous demande aujourd'hui d'apporter la preuve de notre utilité. Notre argument, qui leur paraît insuffisant, est que nos bourses permettent d'enseigner le français aux enfants des favelas. Actuellement, sur mille étudiants, 20 en sont issus.

UMAP : Qu'est-ce qui incite les étudiants brésiliens à apprendre le français ?

Claude Mallet : Aujourd'hui, le français est un " plus " : tout le monde apprend l'anglais. La plupart de nos étudiants sont des futurs universitaires dont les projets personnels sont liés au français. Ce qui est étonnant, ou du moins différent de ce qu'on trouve en France, c'est que ces étudiants lancent leurs projets très tôt, parfois quatre ou cinq ans avant d'entrer dans l'enseignement supérieur. La seule chose qui les arrête, évidemment, c'est la question financière : le prix du voyage et du séjour en France est très élevé par rapport au niveau de vie brésilien.

© Un Monde à penser 2002

 

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