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Rencontre avec Ricardo, étudiant de langues étrangères à l'Université de la Havane

 

 

Nous rencontrons Ricardo dans les rues de Vedado, près de l'Université de la Havane. Ils nous demande en anglais si nous avons des livres ou des médicaments à lui offrir. Asthmatique chronique, l'Etat ne lui donne pas suffisamment de Ventoline pour se soigner (Par chance, nous en avons). De tous les étudiants que nous avons rencontrés, il est le seul à oser critiquer le gouvernement cubain et à accepter d'être cité et pris en photo. Il parle un français très correct sans être jamais allé en France. Un entretien court mais instructif.

UMAP : Où en es-tu de tes études, et quels sont tes projets d'avenir ?
Ricardo : Je suis en dernière année de langues étrangères. J'ai appris l'italien, le français et l'anglais. L'année prochaine, j'aimerais partir à l'étranger, mais je ne fais partie d'aucune association étudiante. Et Castro ne veut pas d'étudiants cubains à l'étranger en dehors de ceux qui sont membres des jeunesses communistes ou d'associations étudiantes affiliées. J'espère pouvoir travailler dans le tourisme, dans un hôtel ou un restaurant, car c'est le seul débouché que je peux espérer avec mes études.

UMAP : Quelle est ton opinion sur le système universitaire cubain ?
Ricardo : Il est très bon, c'est vrai : tous les professeurs que j'ai eu étaient excellents. Mais peut-on dissocier le système d'enseignement du système politique ? Non : je n'aime pas le système d'enseignement car je n'aime pas le système politique. Castro ne s'occupe pas des Cubains, mais seulement des étrangers. Nos médecins, qui sont très bien formés, n'ont le droit de voyager que pour faire de la propagande.

UMAP : Est-il difficile d'être admis à l'Université de la Havane ?
Ricardo : Oui. Il est nécessaire d'être recommandé par les professeurs de lycée. Le dossier, constitué sur les trois ans qui précèdent l'Université, tient compte essentiellement de critères moraux. En revanche, l'examen d'entrée est uniquement écrit et demande une bonne somme de travail.

UMAP : Que penses-tu du système cubain ?
Ricardo : Castro endort les gens avec du rhum et de la musique. Il a du charme et du talent, mais il ne fait que dire ce que les gens veulent entendre. C'est de notre faute : nous ne faisons pas la révolution. Mais je pense que les choses s'arrangeront avec sa mort : il n'a pas de successeur (son frère n'est pas aimé). Et peut-être que les Cubains exilés aux Etats-Unis reviendront…


©Un Monde à penser 2002

 

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