Université
d'Uppsala
- Université
de Lund
Fondée en 1666, Lund
est après Uppsala la plus vieille et la
plus réputée des universités
suédoises. Elle est aussi la plus grande.
La petite ville de Lund, aux abords de Malmö,
doit son atmosphère chaleureuse et dynamique
aux quelque 34 000 étudiants de l'université.
Les rues piétonnes, les cafés et
les bars, la grande bibliothèque de l'université
et les allées bordées de jardins
se remplissent dès les premières
heures de la journée de jeunes étudiants
affairés qui se rendent à leurs
cours. La ville entière est un campus.
La création de l'université remonte
au traité de Roskilde en 1658 par lequel
le Danemark cédait à la Suède
les trois régions de Skane, Blekinge et
Halland. Son premier objectif était de
diminuer l'influence de Copenhague dans ces régions
en créant un pôle culturel et académique
au sud de la péninsule. Il fallait "
suédiser " les régions conquises.
De cette première vocation, l'Université
a conservé son rayonnement qui s'amplifie
encore aujourd'hui sur toute la région
sud de la Suède, notamment auprès
des industries régionales. Incitée
à s'agrandir autant par le gouvernement
actuel que par le nombre croissant d'étudiants,
l'université de Lund a ouvert deux nouveaux
campus à Malmö et à Helsingborg.
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" L'argent est important "
Le système éducatif suédois,
entièrement gratuit pour les étudiants,
met les universités en compétition
entre elles. Elles sont libres de choisir les
professeurs, de fixer leur salaire (selon son
niveau, un professeur peut être payé
du simple eu double), de lancer ses programmes
Financées par l'Etat au prorata du nombre
d'étudiants et de cours suivis, elles doivent
rembourser les sommes dépensées
en cas d'échec scolaire ! Elles ont donc
intérêt à suivre de près
les étudiants pour s'assurer de leur réussite.
Il existe ainsi une réelle pression financière
sur les universités, qui les incite à
maintenir l'efficacité de leur enseignement.
En outre, explique Urban Swahn, " la volonté
du gouvernement d'accroître le taux de scolarisation
dans l'enseignement supérieur, de multiplier
par deux le nombre de doctorants, de créer
de nouvelles universités dans les régions
du Nord rend plus âpre encore la concurrence
: il faut pouvoir rester compétitif. "
Lund n'a pas à s'inquiéter, du moins
pour son image : son excellente réputation
académique et la notoriété
de ses sept facultés (notamment le Lund
Institute of Technology et l'Académie des
Arts de Malmö) attirent chaque année
de plus en plus d'étudiants. Les centres
de recherche, quant à eux, " qui constituent,
selon Urban Swahn, le meilleur moyen pour les
universités de se distinguer entre elles
", sont autant d'atouts pour Lund : les laboratoires
d'industrie alimentaire, l'expertise en spectroscopie
atomique, l'économie environnementale ou
encore la pédiatrie clinique sont les grands
domaines de recherche qui ont fait la réputation
internationale de Lund. Mais le financement de
ces recherches n'est assuré qu'à
50 % par l'Etat. En un mot, la question financière
est au cur des préoccupations de
l'université : " L'argent est important
", insiste Urban Swahn. " Certes, au
niveau national, on peut considérer que
Lund a de l'argent, mais aujourd'hui le marché
de l'enseignement supérieur est mondial.
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La vie étudiante
L'adhésion à un syndicat étudiant
est obligatoire en Suède. Son rôle
est de veiller sur la qualité et de contrôler
le contenu des programmes proposés. Rien
de bien festif, donc. L'animation de la vie étudiante
est prise en charge par les " nations ",
qui rassemblent les étudiants d'une même
région. Elles organisent les soirées
dansantes, tiennent des pubs ou des restaurants,
publient leurs journaux
L'Institut de Langues romanes
Margaret Wijk est directrice de l'Institut de
langues romanes de Lund, qui enseigne l'espagnol,
le français, l'italien et le roumain. Francophone
et francophile, elle a été directrice
de l'Alliance Française de Lund-Malmö.
La raison de son amour pour la France ? Un français
Coïncidence amusante, Frédéric
Nebu, jeune assistant français de l'institut,
que nous interrogeons, est venu en Suède
pour une Suédoise. Nous rencontrons également
une jeune suédoise doctorante en littérature
médiévale : elle avait décidé
de faire ses études en France après
avoir rencontré un Français
Entre la Suède et la France, ce n'est pas
une mais des histoires d'amour !
L'Institut, qui accueille 400 étudiants,
n'a pas pour vocation de former des interprètes
: il propose l'étude du français
dans le cadre de formations plus larges comme
par exemple l'économie ou le droit. Le
programme " économistes internationaux
", par exemple, organise un voyage à
Nice tous les deux ans au cours duquel les étudiants
suédois, visitent des entreprises françaises.
" L'étude du Français n'est
pas pour nos étudiants une fin en soi,
explique madame Wijk, c'est un " plus "
ajouté à leurs études. "
L'institut organise dans ce sens des cours ponctuels
destinés aux étudiants qui partent
en stage dans un pays francophone. Cependant,
la directrice prévoit de relancer un programme
de formation de traducteur.
Mais à l'entendre, la France et la Suède
s'éloignent l'une de l'autre et le nombre
d'étudiants en français diminue
: " Ce n'est plus l'âge d'or : la situation
du français est pénible, car la
France ne donne plus d'argent aux Alliances françaises
des pays scandinaves. L'antenne de l'Institut
français à Malmö a même
été fermée. "
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Informations complémentaires sur l'Université
de Lund : www.lu.se
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