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Reportages dans les universités : Maroc
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Hassan II - Al Akhawayn - HEM

 

L'Université Hassan II de Casablanca

 

 

Entretien avec Monsieur Khalid Naciri, vice-président de l'université chargé de la coopération, des relations internationales et de la recherche.

L'Université Hassan II a-t-elle conversé des liens étroits avec le France jusqu'à aujourd'hui ?
Oui, de façon évidente. Lorsque nous nous nouons des partenariats avec des universités étrangères, nous nous tournons naturellement vers la France car la langue, les similitudes des systèmes éducatifs nous lient. Dans les années 70 et 80, la plupart des bacheliers partait faire leurs études en France et la majorité des enseignants de l'université a par conséquent été formée dans les universités françaises. Nous disposons ainsi de très nombreux contacts dans les établissements français.
Ces liens naturels ont été favorisés par le solide dispositif de coopération universitaire mise en place par la Franceaprès l'indépendance [voir l'interview de Jean-Christophe Deberre]. Un de ses piliers est le système dit d'" action intégrée " qui prévoit différents financements pour développer des programmes de recherche bilatéraux . Il existe aussi des conventions, telles que celle liant le CNRS et son équivalent marocain, le CNRST.

 


Avez-vous créé des doubles diplômes en partenariat avec des universités françaises ?

Oui, mais toujours dans le cadre de réseaux universitaires. Nous proposons deux mastères en sciences sociales dans le cadre du programme Tempus-Meda qui nous lie avec des consortiums d'universités européennes. Notre DESS de logistique est organisée en partenariat avec les membres du réseau CEMUR, c'est-à-dire les universités du Havre et de Marrakech, et la Technopôle de Bari. Nous venons enfin de déposer un dossier auprès de l'Agence Socrates pour créer dans le cadre de Tempus une université virtuelle rassemblant tous les membres du réseau CEMUR. L'objectif est de créer avec nos partenaires des formations mixtes, à distance et en classe, qui répondent aux besoins du marché du travail marocain.

 


Khalid Naciri

 




Les bourses allouées à tous les étudiants des universités publiques marocaines est devenue de plus en plus maigre. Vont-elles rester au même niveau ?

Un peu d'histoire pour commencer : entre les années 60 et 90, l'administration publique marocaine a eu besoin de cadres pour ce qu'on a appelé la " marocanisation " des cadres. Les bourses universitaires étaient alors un excellent moyen d'attirer les bacheliers vers l'enseignement supérieur pour les préparer aux métiers de la haute fonction publique. Le système d'attribution généralisée de bourses a été conservé mais les bourses n'ont pas été revalorisées si bien qu'elles ne permettent plus aux étudiants de financer leurs études. Ce système devrait disparaître avec la mise en place de la réforme en 2003-2004 pour être remplacé par un système plus juste et plus efficace.

Comment envisagez-vous l'avenir des universités marocaines ?

Les mutations de l'enseignement supérieur engendrées par l'apparition des nouvelles technologies sont au cœur de mes préoccupations. Dans le monde entier, les universités s'internationalisent, multiplient les échanges, se libéralisent. Maîtrisées jusqu'à maintenant, ces évolutions risquent d'échapper à l'avenir au contrôle des dirigeants d'universités. Les étudiants n'auront-ils pas très bientôt la tentation de passer à distance un diplôme d'une prestigieuse université américaine ou canadienne plutôt que de suivre un enseignement en classe dans une université locale ? La rapidité des connexions Internet permet d'envisager toutes sortes de scénarios…


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