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Reportages dans les universités : Maroc
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Hassan II - Al Akhawayn - HEM

 

L'Institut des Hautes Etudes de Management (HEM)

 

 

 

 


Dans le système d'enseignement supérieur marocain, les écoles privées sont, plus encore qu'en France, coupées de l'université publique. Il n'existe, à l'heure actuelle, ni passerelle ni équivalence entre ces deux mondes. Pas même une simple reconnaissance administrative. En marge des universités, on trouve donc une mosaïque très inégale d'instituts et d'écoles privés, nécessairement isolés par leur statut, leur jeunesse (ils n'ont vu le jour qu'à partir du milieu des années 1980) et leur caractère unique. L'Institut des Hautes Etudes de Management (HEM) de Casablanca appartient à cette catégorie.
Créé en 1988 par Abdelali Benamour, professeur d'économie et homme politique, HEM s'est fait peu à peu connaître grâce à des méthodes pédagogiques peu communes au Maroc et aux partenariats noués avec de prestigieux établissements français comme l'IEP de Paris ou l'Université Paris 9-Dauphine. Dans sa forme, l'enseignement proposé à HEM est comparable à plusieurs égards à celui d'une école de commerce française ouverte aux étudiants de niveau bac. " HEM propose deux types de cursus, explique Hassan Sayar, directeur général adjoint de l'Institut : une filière de gestion générale en quatre ans après le bac et des MBA en deux ans destinés à des étudiants ou à des salariés de niveau graduate. Nous recrutons dans les deux cas par l'intermédiaire de concours comportant des épreuves écrites et orales. "

 

 

Une formation avant tout généraliste
Comme l'indique son nom, la formation de gestion en quatre ans a pour objectif de former des généralistes. " Il nous semble essentiel de mettre l'accent sur la culture générale et sur l'ouverture des étudiants aux grands sujets d'actualité, poursuit Hassan Sayar. Sans cela, nous ne préparons pas nos étudiants à devenir des cadres supérieurs, c'est-à-dire des cadres flexibles et capables d'évoluer au sein d'une entreprise. " Pendant les trois années qui précèdent l'année de spécialisation, l'enseignement laisse donc une large place au savoir non-technique. L'enseignement est en fait divisé à parts égales entre les cours consacrés à l'acquisition de compétences purement manageriales (modules " Méthodes quantitatives de gestion " et " Fonctions du management ") et ceux abordant des domaines en apparence beaucoup plus éloignés de la réalité de l'entreprise (cours de méthodologie, d'histoire, de géopolitique, etc.). Cette diversité semble plaire aux étudiants rencontrés, qui apprécient particulièrement de pouvoir débattre sur des thèmes politiques rarement évoqués dans les universités. " Ce qui différencie HEM et fait sa force d'attraction, c'est de toute évidence son caractère polyvalent, quasiment unique au Maroc, " affirme sans hésiter Arafat Sadallah, étudiant en quatrième année.

 

 

Hassan Sayar, directeur général de HEM

 

 

L'ouverture à HEM n'est pas une simple exigence pédagogique, elle est concrétisée quotidiennement par la participation des étudiants à de nombreuses activités associatives au sein de l'école. Les huit cents étudiants sont sans cesse invités par le BDE à s'investir dans l'organisation d'ateliers culturels, de forums nationaux, de conférences, de voyages de découverte, etc. (voir encadré). Arafat, membre d'ATTAC Maroc, a par exemple organisé en 2002 une conférence sur le thème de la mondialisation libérale. Dans un registre très différent, Bensaber Anas, un autre étudiant en dernière année rencontré dans les couloirs de l'Institut, a été soutenu dans la création d'un groupe de hard rock, ou plus précisément de " heavy metal et speed metal. "

 

Des stages tous les ans
Un autre atout majeur de HEM est d'inclure dans chaque cursus un stage annuel, souvent réalisé dans une des entreprises partenaires de l'Institut. " Pour la filière de gestion générale, la durée cumulée des stages est de vingt-quatre mois, précise Hassan Sayar. Pendant les trois premières années, le stage intervient au milieu de l'année, en février et en mars, pour alterner les périodes d'apprentissage et de travail en entreprise. Mais le stage de sortie a lieu à la fin de la scolarité pour permettre aux stages de déboucher sur des embauches, ce qui arrive dans environ 15% des cas. " La plupart des étudiants qui ne décrochent pas de contrats s'orientent vers des troisièmes cycles en France, au Maroc ou aux Etats-Unis. Pour Hassan Sayar, ce choix du troisième cycle spécialisé est très positif car il confirme " l'intériorisation de l'esprit de HEM, qui est de former des généralistes. "
Et l'argent dans tout cela ? L'école étant presque uniquement financée par les étudiants, les frais de scolarité sont élevés : 46 000 dirhams par an pour le cycle normal et 55 000 dirhams pour les MBA. Ces frais sont malheureusement une forme de sélection, puisque les bourses sont très rares et réservés " aux étudiants à la fois les plus démunis et les plus brillants. " Les étudiants non éligibles pour une bourse ont toutefois un accès facilité aux " crédits-études " grâce au partenariat de HEM avec la Banque Populaire.

 

Arafat Sadallah, étudiant en quatrième année

Un BDE au programme " hyper-chargé "

Le BDE de HEM, pour coordonner son action, a créé des " cellules ", dont chacune a la charge d'un domaine d'activités. La plus importante est sans doute celle qui s'occupe des fêtes organisées dans les locaux de l'Institut : chaque année les étudiants de HEM et leurs amis sont conviés au bal de la Journée de la femme, à la soirée de consécration, à un bal masqué et à de nombreux autres événements musicaux programmés à l'occasion de fêtes locales ou internationales. Viennent ensuite les cellules consacrées aux voyages de découverte du Maroc (un tous les deux mois environ), aux conférences (invitation de spécialistes à la demande des étudiants) et aux tournois inter-écoles. " Nous participons à de nombreux championnats, précise Bensaber Anas, vice-président du BDE. Mais le moment le plus important de l'année dans le domaine des tournois estudiantins est sans doute le " Forum de la créativité de l'étudiant " qui récompense les écoles ayant fait preuve d'une grande originalité dans des activités créatives. En 2002, nous avons remporté les premiers prix de musique et de conception de cédérom. "
Comme dans la plupart des écoles de management, le Bureau des élèves jouit d'une complète autonomie mais dépend de l'administration pour son financement. Chaque projet est donc soumis au directeur des études puis soutenu par les présidents du BDE. Une tâche ardue car les étudiants ont pour leur BDE de très grandes ambitions : " mon rôle est d'aiguiller leur action, explique à ce sujet le directeur des études, pour qu'elle ne s'éparpille pas dans des projets trop nombreux et irréalisables. "


 

Un Monde à penser 2002

 

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