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Helwan
- UDC-FESP
- Aïn
Chams - UDC-IDAI
- AUC
L'Institut de
droit des affaires internationales à l'Université
du Caire
La Sorbonne
en plein centre du Caire
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Petite enclave dans la gigantesque
Université du Caire, l'Institut de droit
des affaires internationales (IDAI) accueille
chaque année 150 étudiants, égyptiens
ou étrangers, qui préparent des
diplômes de prestigieuses universités
françaises. Après dix ans d'existence,
cette structure hybride, unique en son genre,
a montré sa viabilité. Petit historique
d'un Institut né d'une volonté
très politique.
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Les ventilateurs tournent au ralenti, à
la tombée du jour, dans le bâtiment
qui abrite l'IDAI sur le campus de l'Université
du Caire. Dans ce qui semble être la principale
salle de travail, quelques étudiants silencieux
et concentrés " fichent " consciencieusement
des manuels de droit français. Quelques
copies à l'en-tête de la Sorbonne
traînent sur une table isolée : il
s'agit de commentaires de droit administratif
sur la réglementation anti-pollution dans
la région lyonnaise !
Mais pourquoi le droit français est-il
enseigné à des étudiants
qui, pour la plupart, travailleront en Egypte
? Aussi surprenant que cela puisse paraître,
l'IDAI a toute sa place au Caire car le droit
égyptien est issu du droit français
et s'inspire très largement du Code civil.
Cette structure administrative très complexe
n'aurait cependant jamais vu le jour sans la volonté
et la persévérance du ministre de
l'Education, Moufid Shehab, proche à la
fois du président de Dauphine et du président
égyptien, Hosni Moubarak. Après
une longue phase d'élaboration, une convention
est passée entre les universités
du Caire et de Dauphine à la fin des années
1980. " Le premier objectif était
de créer un institut qui délivre
un diplôme de magistère en deux ans,
magistère bilingue dont la moitié
des cours sont assurés en français,
et l'autre moitié en arabe, " raconte
Jacques Bouineau, coordonnateur de l'Institut
depuis un an. Ce programme existe toujours et
accueille chaque année une vingtaine de
licenciés égyptiens, ayant passé
avec succès des examens de français
et d'arabe.
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L'entrée principale
de l'Université du Caire
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   S'étendant
sur plusieurs hectares, le campus de l'Université
      du Caire est une petite ville
dans la ville
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Une antenne de la Sorbonne
Le magistère mis en place, les responsables
de la formation ont constaté que les étudiants,
venus pour la plupart des nombreux lycées
francophones du Caire, avaient nettement perdu
leur niveau de langue pendant les quatre années
de licence. C'est ainsi qu'est née l'idée
d'ouvrir un cursus de premier cycle français,
suivi d'une maîtrise. Il fallait pour cela
une présence plus forte encore : "
cette deuxième étape impliquait
l'ouverture d'une antenne d'une université
française ", explique Jacques Bouineau.
Paris I accepte de se lancer dans cette aventure,
jamais tentée auparavant, et se plie aux
conditions légitimes posées par
l'Université du Caire : tous les étudiants
sont tenus d'être inscrits dans les deux
universités et les Egyptiens suivront un
cursus aménagé menant à un
double diplôme. Pour rentrer en DEUG, un
bac français suffit, ou, le cas échéant,
un bac égyptien doublé d'un examen
de français écrit et oral.
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Des débouchés
intéressants
Et l'argent dans tout cela ? L'envoi d'enseignants
au Caire a un prix, que les étudiants
doivent assumer : les frais de scolarité
sont ainsi bien plus élevés
à l'IDAI que dans les autres départements
de l'Université - 3400 livres (environ
600 euros) par an contre 80 (environ 20
euros) en temps normal. Les frais, très
lourds pour un étudiant égyptien,
sont toutefois un investissement rentable,
car les diplômes de l'IDAI ouvrent
de bonnes perspectives d'embauche dans un
marché de l'emploi pourtant très
étroit et concurrentiel. En atteste
le nombre éloquent de jeunes diplômés
des facultés de droit qui s'inscrivent
par défaut au barreau sans aucune
garantie de travailler : l'Egypte compte
280 000 avocats, contre seulement 30 000
en France, pour des populations presque
égales. Le grand avantage des anciens
de l'IDAI est d'avoir un accès prioritaire
aux grands cabinets d'avocats cairotes,
souvent francophones, et, pour les meilleurs,
d'avoir la possibilité d'effectuer
leur DEA et leur thèse en France.
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