"
Numéro un " dans tous les domaines
Lorsqu'elle voit le jour
en 1898, Beijing University est la première
institution nationale de son genre et, elle tient,
depuis plus d'un siècle, son rôle
de " pionnière de l'éducation
" en ouvrant la voie du progrès dans
tous les domaines - la recherche scientifique
notamment est particulièrement intense
et reconnue - et en transmettant ses valeurs de
patriotisme et de démocratie à des
générations d'étudiants.
Des étudiants dont le nombre grandit d'année
en année, d'autant plus que l'université
a " absorbé " en 2000 l'ancienne
université de médecine de Pékin.
" Nous sommes encore sous le choc de cette
fusion, souligne Mrs Jheng : l'université
compte aujourd'hui 37 000 étudiants. "
Une entreprise d'une telle taille ne fonctionne
pas sans une grande liberté académique,
et l'université joue, de fait, la carte
de la décentralisation. Les cinq facultés
qui correspondent aux cinq grands domaines d'études
que sont les lettres, les sciences, les sciences
sociales, les sciences de l'ingénieur et
la santé, sont toutes subdivisées
en départements, collèges ou instituts
autonomes. Ainsi, si Mrs Jheng est chargée
" d'organiser les évènements
internationaux et de gérer les liens de
Beijing University avec les universités-surs
, chaque directeur de département est libre
de définir sa politique internationale
et de contracter ses propres accords d'échange.
"
Les différentes entités de l'université
se répartissent avec grâce sur les
271 hectares d'un campus idyllique, considéré
d'ailleurs comme un véritable lieu touristique.
Chaque jour, étudiants et promeneurs se
côtoient au bord du lac sans nom ou dans
les jardins entretenus avec le plus grand soin.
Les étudiants de Beida (Beijing University
est plus connue sous ce nom) ont par ailleurs
libre accès à la somptueuse bibliothèque
du campus renfermant plus de cinq millions d'ouvrages.
C'est la plus ancienne de Chine et la première
a avoir mis au point un système de consultation
numérique.
Les jeunes diplômés bénéficient,
enfin, des nombreux liens noués entre leur
université et le monde de l'entreprise.
Le prestigieux établissement bénéficie
du soutien de nombreux partenaires économiques
et a mené dans ce sens une politique active
comme en témoigne le laboratoire de recherche
commun créé par Beida et Motorola.
D'étonnants paradoxes
Alors que la prestigieuse institution se targue
- en tant que représentante de l'excellence
éducative chinoise - d'être sur le
devant de la scène internationale, elle
est l'une des dernières grandes universités
de Chine dont le site Internet ne possède
pas de version anglaise. " C'est très
problématique, admet Mrs Jheng, mais nous
en avons bien conscience et deux étudiants
américains en stage à Beida cet
été se sont chargés de remédier
à cette insuffisance : la version anglaise
devrait être en ligne d'ici quelques mois
". A vérifier sur le site www.pku.edu.cn
Très désireuse de mettre en avant
ses liens internationaux, l'université
espère recevoir de plus en plus d'étudiants
et a mis au point un système de bourses
spécialement destinées aux jeunes
étrangers désireux de venir suivre
des études de chinois. Cependant, alors
que la plupart des universités d'Etat offrent
depuis longtemps des programmes en anglais, les
cours de Beida étaient jusqu'à présent
exclusivement dispensés en Chinois. Surprenant
paradoxe auquel l'établissement vient de
remédier.
Enfin, en termes purement scolaires, l'innovation
semble trop souvent céder le pas à
l'académisme et les étudiants le
remarquent sans tendresse (voir encadré).
Diplômé de Beijing University
en sciences de l' informatique, George,
25 ans, est aujourd'hui ingénieur
chez Schlumberger. Fort du recul que lui
confère cette expérience professionnelle
internationale, il revient sur ses années
d'étude :
Pourquoi avoir choisi d'étudier
les sciences de l'ingénieur à
Beida ?
Beida est la meilleure université
chinoise, c'est à dire la plus reconnue.
Faire ses études à Beida,
c'est acquérir un passeport pour
le monde de l'entreprise. J'ai trouvé
un poste chez Schlumberger en deux mois.
Pour ce qui est de la matière je
n'avais pas vraiment le choix : les candidats
Chinois aux études supérieures
ont le droit d'exprimer trois vux
mais ces trois vux doivent concerner
le même département. Les sciences
informatiques étaient très
à la mode il y a sept ans et je ne
me suis pas posé de question.
A quoi correspond ton diplôme
?
C'est un diplôme de premier cycle
obtenu après quatre ans d'études.
Je me suis arrêté là
car pour entrer en second cycle, il faut
passer un nouvel examen particulièrement
difficile et qui exige une longue préparation.
Comment décrire l'enseignement
que tu as-reçu ?
Les étudiants de Beida bénéficient
d'un environnement très favorable
mais beaucoup d'aspects de l'enseignement
sont critiquables : le manque d'enseignants
tout d'abord ; ils sont trop peu nombreux
par rapport aux étudiants qui sont
parfois jusqu'à 100 par classe. C'est
difficile de suivre avec intérêt
un cours qui se déroule dans ces
conditions, d'autant plus qu'il n'y a aucun
échange entre le professeur et ses
étudiants. Les cours sont exclusivement
magistraux et il est inenvisageable d'arrêter
le professeur ne serait-ce que pour poser
une question. Je regrette aussi, avec le
recul, que l'enseignement soit si théorique.
La pratique - pourtant essentielle dans
ce domaine - n'est pas assez prise en compte
par les enseignants.
Quels sont tes perspectives et tes projets
actuels ?
J'aimerais poursuivre mes études
; je suis sur le point de présenter
un dossier de mastère dans une université
australienne : l'Australie est moins chère
que les Etats-Unis, plus " facile "
que l'Europe, l'enseignement y est excellent.
Pour moi, c'est l'endroit idéal.
Cependant je ne suis pas certain que ce
projet aboutira : Schlumberger m'a proposé
d'y renoncer pour aller suivre une formation
spéciale, en Grèce, en vue
de l'accueil des Jeux Olympiques à
Pékin en 2008. Leur offre est très
tentante et il me faudra rapidement faire
un choix.
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Renseignements :
www.pku.edu.cn
Relations internationales : www.oir.pku.edu.cn
Contacts : oir@pku.edu.cn
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