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Reportages dans les universités : Chine
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BLCU - Beijing University - Central University of Finance and Economics - Tongji University - Jiao Tong University -

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Beijing University repose-t-elle sur ses lauriers ?

 

C'est l'université " star " par excellence : la plus ancienne, la plus grande, la meilleure, la première ; celle qui fait rêver tous les étudiants chinois, celle qui ouvre toutes grandes les portes des entreprises et celle enfin qui joue un rôle sur la scène universitaire internationale. " Il y a deux ans, Bill Clinton en personne est venu remettre leurs diplômes aux étudiants. En 2001, cette tâche symbolique a incombé aux présidents d'Oxford et de Cambridge " raconte, non sans fierté, Mrs Jheng, responsable des relations internationales.

" Numéro un " dans tous les domaines

Lorsqu'elle voit le jour en 1898, Beijing University est la première institution nationale de son genre et, elle tient, depuis plus d'un siècle, son rôle de " pionnière de l'éducation " en ouvrant la voie du progrès dans tous les domaines - la recherche scientifique notamment est particulièrement intense et reconnue - et en transmettant ses valeurs de patriotisme et de démocratie à des générations d'étudiants. Des étudiants dont le nombre grandit d'année en année, d'autant plus que l'université a " absorbé " en 2000 l'ancienne université de médecine de Pékin. " Nous sommes encore sous le choc de cette fusion, souligne Mrs Jheng : l'université compte aujourd'hui 37 000 étudiants. " Une entreprise d'une telle taille ne fonctionne pas sans une grande liberté académique, et l'université joue, de fait, la carte de la décentralisation. Les cinq facultés qui correspondent aux cinq grands domaines d'études que sont les lettres, les sciences, les sciences sociales, les sciences de l'ingénieur et la santé, sont toutes subdivisées en départements, collèges ou instituts autonomes. Ainsi, si Mrs Jheng est chargée " d'organiser les évènements internationaux et de gérer les liens de Beijing University avec les universités-sœurs , chaque directeur de département est libre de définir sa politique internationale et de contracter ses propres accords d'échange. "
Les différentes entités de l'université se répartissent avec grâce sur les 271 hectares d'un campus idyllique, considéré d'ailleurs comme un véritable lieu touristique. Chaque jour, étudiants et promeneurs se côtoient au bord du lac sans nom ou dans les jardins entretenus avec le plus grand soin.
Les étudiants de Beida (Beijing University est plus connue sous ce nom) ont par ailleurs libre accès à la somptueuse bibliothèque du campus renfermant plus de cinq millions d'ouvrages. C'est la plus ancienne de Chine et la première a avoir mis au point un système de consultation numérique.
Les jeunes diplômés bénéficient, enfin, des nombreux liens noués entre leur université et le monde de l'entreprise. Le prestigieux établissement bénéficie du soutien de nombreux partenaires économiques et a mené dans ce sens une politique active comme en témoigne le laboratoire de recherche commun créé par Beida et Motorola.

D'étonnants paradoxes…


Alors que la prestigieuse institution se targue - en tant que représentante de l'excellence éducative chinoise - d'être sur le devant de la scène internationale, elle est l'une des dernières grandes universités de Chine dont le site Internet ne possède pas de version anglaise. " C'est très problématique, admet Mrs Jheng, mais nous en avons bien conscience et deux étudiants américains en stage à Beida cet été se sont chargés de remédier à cette insuffisance : la version anglaise devrait être en ligne d'ici quelques mois ". A vérifier sur le site www.pku.edu.cn …
Très désireuse de mettre en avant ses liens internationaux, l'université espère recevoir de plus en plus d'étudiants et a mis au point un système de bourses spécialement destinées aux jeunes étrangers désireux de venir suivre des études de chinois. Cependant, alors que la plupart des universités d'Etat offrent depuis longtemps des programmes en anglais, les cours de Beida étaient jusqu'à présent exclusivement dispensés en Chinois. Surprenant paradoxe auquel l'établissement vient de remédier.
Enfin, en termes purement scolaires, l'innovation semble trop souvent céder le pas à l'académisme et les étudiants le remarquent sans tendresse (voir encadré).

 

Diplômé de Beijing University en sciences de l' informatique, George, 25 ans, est aujourd'hui ingénieur chez Schlumberger. Fort du recul que lui confère cette expérience professionnelle internationale, il revient sur ses années d'étude :

Pourquoi avoir choisi d'étudier les sciences de l'ingénieur à Beida ?
Beida est la meilleure université chinoise, c'est à dire la plus reconnue. Faire ses études à Beida, c'est acquérir un passeport pour le monde de l'entreprise. J'ai trouvé un poste chez Schlumberger en deux mois. Pour ce qui est de la matière je n'avais pas vraiment le choix : les candidats Chinois aux études supérieures ont le droit d'exprimer trois vœux mais ces trois vœux doivent concerner le même département. Les sciences informatiques étaient très à la mode il y a sept ans et je ne me suis pas posé de question.

A quoi correspond ton diplôme ?
C'est un diplôme de premier cycle obtenu après quatre ans d'études. Je me suis arrêté là car pour entrer en second cycle, il faut passer un nouvel examen particulièrement difficile et qui exige une longue préparation.

Comment décrire l'enseignement que tu as-reçu ?
Les étudiants de Beida bénéficient d'un environnement très favorable mais beaucoup d'aspects de l'enseignement sont critiquables : le manque d'enseignants tout d'abord ; ils sont trop peu nombreux par rapport aux étudiants qui sont parfois jusqu'à 100 par classe. C'est difficile de suivre avec intérêt un cours qui se déroule dans ces conditions, d'autant plus qu'il n'y a aucun échange entre le professeur et ses étudiants. Les cours sont exclusivement magistraux et il est inenvisageable d'arrêter le professeur ne serait-ce que pour poser une question. Je regrette aussi, avec le recul, que l'enseignement soit si théorique. La pratique - pourtant essentielle dans ce domaine - n'est pas assez prise en compte par les enseignants.

Quels sont tes perspectives et tes projets actuels ?
J'aimerais poursuivre mes études ; je suis sur le point de présenter un dossier de mastère dans une université australienne : l'Australie est moins chère que les Etats-Unis, plus " facile " que l'Europe, l'enseignement y est excellent. Pour moi, c'est l'endroit idéal. Cependant je ne suis pas certain que ce projet aboutira : Schlumberger m'a proposé d'y renoncer pour aller suivre une formation spéciale, en Grèce, en vue de l'accueil des Jeux Olympiques à Pékin en 2008. Leur offre est très tentante et il me faudra rapidement faire un choix.


Renseignements :

www.pku.edu.cn
Relations internationales : www.oir.pku.edu.cn
Contacts : oir@pku.edu.cn

© Un Monde à penser 2002

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