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Reportages dans les universités : Chine
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Fudan University - Shanghai University of Finance and Economics

 

Tongji university, fidèle à son nom*

 

Interrogez un Chinois sur le système universitaire de son pays, il mentionnera immanquablement " Tongji ". Et la réputation de la célèbre université de Shanghaï, fondée par un médecin allemand en 1907 et répertoriée par le gouvernement comme l'un des quelques établissements d'excellence du pays, ne semble pas usurpée. Contrairement à d'autres institutions prestigieuses telles que Fudan ou encore Beijing University, Tongji n'est pas généraliste et même si elle a, ces dernières années, multiplié ces domaines de compétence, l'ingénierie, les sciences de l'ingénieur en général et le génie civil en particulier, demeurent ces spécialités. Edmond Zhang, responsable des relations internationales et professeur de français, nous présente l'université.

 

Entretien avec Edmond Zhang

Etes-vous un ancien étudiant de Tongji ?
Non, j'ai fait des études de langue à SISU (NDLR : Shanghaï International Studies University, établissement réputé pour ses formations linguistiques) : un premier cycle de français en quatre ans qui correspond à une licence et comprend une formation d'anglais. Puis j'ai cherché du travail. A l'époque la majorité des étudiants entraient dans la vie active immédiatement après leur licence. Aujourd'hui, c'est-à-dire à peine quelques années plus tard,

ils sont de plus en plus nombreux à poursuivre leurs études. Je n'ai pas eu beaucoup de mal à trouver un poste : depuis les années 90, le marché du travail chinois est favorable aux jeunes diplômés qui bénéficient d'une liberté de choix toute nouvelle puisque l'Etat a renoncé à les placer arbitrairement à des postes parfois très éloignés de leur domaine de compétence.

En quoi consiste votre travail au sein du département des relations internationales ?
Je suis principalement chargé de la section française. Mon travail est classique : je prends contact avec les établissements étrangers, je me charge des accords d'échange et de leur coordination, j'accueille les délégations étrangères, je monte des programmes et organise des visites d'établissements. J'enseigne également le français aux étudiants de premier cycle qui envisagent de poursuivre leurs études en France ou d'y travailler.

Pouvez-vous nous présenter Tongji ?
* La spécificité de Tongji est mentionnée dans son nom : " Tongji " est l'abréviation d'un proverbe chinois qui illustre l'entraide. De fait, la coopération est l'une de nos caractéristiques et elle est au cœur de la politique de l'université. Tongji entretient des liens privilégiés avec de nombreuses entreprises - chinoises ou internationales, publiques ou privées. L'université travaille actuellement sur différents projets d'infrastructures en partenariat avec la municipalité et la commission de construction de Shanghaï. La pratique est considérée comme essentielle et elle fait partie des quatre lignes directrices mentionnées dans la devise de l'université : " Discipline, pratique, unité et créativité ". Aussi les stages sont-ils obligatoires pour les étudiants de premier cycle qui passent systématiquement deux ou trois mois en entreprise au cours de leur troisième et de leur quatrième années.
L'université est immense, ses quatre campus rassemblent quelque 38 000 étudiants (parmi lesquels 400 étudiants étrangers) auxquels il faut ajouter les adultes qui suivent des formations continues.

Quelle est votre politique en matière internationale ?
Traditionnellement liée à l'Allemagne, l'université donne, plus généralement, la priorité à l'Europe en ce qui concerne les accords d'échange, ce qui est en soi une originalité puisque la majorité des universités se focalisent sur les Etats-Unis. Indépendamment des accords d'échange classique, de plus en plus nombreux et gérés faculté par faculté, un collège sino-allemand est dédié, au sein de Tongji, à la coopération avec les universités allemandes et aux double-programmes graduate. L'université a également fondé un institut franco-chinois d'ingénierie et de management qui vient de mettre au point un MBA co-orchestré par Tongji et les Ponts et Chaussées**. Enfin, comme la plupart des bons établissements, l'université possède un collège international spécifiquement réservé aux étudiants étrangers***.

Comment s'explique, selon vous, l'excellente de l'université ?
La reconnaissance des universités est souvent historique et liée à des critères matériels de financement par l'Etat : les meilleures universités, considérées comme des établissements " clés ", touchent des subventions spéciales. Les parents des étudiants jouent également un rôle important car ils sont très impliqués dans les choix universitaires de leurs enfants ; plus les étudiants sont nombreux à vouloir rentrer, plus l'université peut augmenter ses critères de sélection et à Tongji, il va sans dire qu'ils sont très élevés : nous recueillons donc les meilleurs éléments et c'est finalement la valeur des étudiants qui fait la valeur de l'université.
Jusqu'à présent le recrutement des élèves se faisaient exclusivement sur l'examen, désormais certains départements font passer des entretiens à leurs futurs recrues, cela demeure rare cependant au niveau du premier cycle. Pour les programmes de doctorat, en revanche, c'est un procédé systématique.

L'université est-elle à la hauteur de sa réputation ?
Lorsqu'ils choisissent leur université, les étudiants s'intéressent aux spécialités proposées mais aussi aux débouchés offerts. Or ceux-ci sont particulièrement attractifs pour les étudiants de Tongji très courtisés par les entreprises. Et ces dernières années, l'université a le vent en poupe : le développement économique de la Chine donne lieu à un besoin d'infrastructures qui ouvre un marché important pour nos scientifiques et nos techniciens.

Comment décririez-vous le panorama universitaire chinois ?
Il est en pleine mutation : auparavant, les universités publiques avaient le monopole de l'enseignement supérieur ; aujourd'hui le gouvernement autorise et même favorise la création d'universités privées et ce phénomène bouleverse la donne universitaire. Les universités privées, réservées aux étudiants incapables d'entrer dans le public, avaient initialement un niveau assez faible. Mais elles attirent aujourd'hui beaucoup d'enseignants du public, motivés par des salaires bien supérieurs aux leurs. L'Etat va être obligé d'augmenter les salaires des enseignants fonctionnaires qui tournent aujourd'hui autour de 1500 RMB par mois, soit une somme assez dérisoire. En Chine, les enseignants du supérieur sont moins bien payés que ceux du secondaire qui touchent eux-mêmes des salaires inférieurs à ceux des directeurs de jardins d'enfants ! L'apparition des universités privées va faire évoluer les choses.

 

** SIMBA
SIMBA, c'est le nom du MBA co-fondé il y a trois ans par Tongji et l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. Le programme, soutenu par de prestigieuses entreprises françaises et chinoises, est aussi spécialisé que complet puisqu'il aborde la finance ou encore le marketing et le management international aussi bien que les nouvelles technologies industrielles. Il se déroule à Shanghaï, en 14 mois (dont cinq sont réservés au projet professionnel) et s'adresse à de jeunes chinois déjà familiarisés avec l'entreprise (trois ans d'expérience sont exigés) ainsi qu'aux étrangers désireux d'acquérir des compétences de management international tout en s'initiant à la Chine en général et à la langue et à l'économie chinoise en particulier.
Selon Edmond Zhang, " ce programme, bien que très récent, est déjà considéré comme particulièrement attractif. "

** International school for foreign students
En 1954, Tongji est l'une des premières universités de Shanghaï à s'ouvrir aux étudiants étrangers. Aujourd'hui, une école autonome affiliée à l'université reçoit chaque année plus de 500 étudiants venus de 50 pays pour suivre des cours de tout genre et de tous niveaux. Si l'enseignement se fait exclusivement en chinois pour le premier cycle, il existe des programmes de mastères et de doctorats en anglais. Ces différents cursus (il en existe dans la quasi-totalité des matières couvertes par l'université), dont les tarifs varient de 2400 à 5000 $ par an, sont validés par des diplômes chinois.
Il est également possible, bien entendu, de suivre des cours d'apprentissage du chinois, plus ou moins intensifs (de un à quatre semestres), agrémentés d'options variées allant de l'économie à la cuisine chinoise. A l'issue de ces sessions, des certificats de langue chinoise sont délivrés aux étudiants. Il faut alors compter 1000 $ pour un semestre.

 


Renseignements :
www.tongji.edu.cn,
International school : www.istju.com
Contacts : istju@mail.tongji.edu.cn, fsotju@ihw.com.cn, yanyujin@mail2.online.sh.cn
Contact MBA : tjsimba@public1.sta.net.cn


 

© Un Monde à penser 2002

 

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