ddddddddddddddd
Reportages dans les universités : Mexique
Accueil
Universités
Enseignants
Rencontres
Guide
Répertoire
Regards
Liens
jjjj

 

 

UNAM - UAG - UDG - TEC - CUC

 

Le CUC ou l'âme de l'UNAM

 

Fondé par le père dominicain Augustin Desobry il y a une quarantaine d'années, le Centre universitaire culturel de l'UNAM, plus connu par les étudiants sous le nom de " CUC ", est ce que l'on appelle une paroisse universitaire. Ainsi, tandis que l' UNAM forme les esprits, le CUC éduque les âmes…

 

" Il y a cinquante ans, explique le père Didier Leurent, les différentes facultés de l'UNAM, éparpillées dans toute la ville, ont été regroupées au sud de Mexico. C'est alors que le père dominicain Augustin Desobry a eu l'intuition géniale d'acheter un terrain juste à côté de ce nouveau centre universitaire ; au moment même, en fait, où la UNAM commençait à se développer de façon considérable. Le CUC a vu le jour dans une petite maison particulière et au rez-de-chaussée d'un immeuble. C'est seulement en 1968 que l'édifice actuel a été construit et inauguré. " Aujourd'hui en effet, le CUC, accolé à la paroisse de Copilco, est un grand complexe moderne et fonctionnel, regroupant salles de cinéma, de conférence et d'exposition, salles de cours, cafétéria, jardin, chapelle. C'est également dans ce bâtiment que vivent les pères dominicains qui animent le CUC et se consacrent, de façon plus générale, au monde universitaire. Le père Didier participe à cette aventure depuis son arrivée au Mexique en 1965. L'objectif de cette institution est double, précise-t-il : " il s'agit d'une part d'établir une relation entre la culture et la foi chrétienne, d'autre part, d'assurer la formation chrétienne de milliers de jeunes étudiants ". Et quel meilleur tremplin que la culture pour toucher les âmes de ces jeunes étudiants ? Aussi, c'est en proposant différentes activités culturelles que le CUC attire ses " brebis ".

 

Lorsqu'on pénètre dans le bâtiment principal du CUC, on est immanquablement attiré par les grands panneaux de bois couverts de graphismes japonais qui emplissent le grand hall. " Cet espace nous sert de salle d'exposition, explique de père Didier, il est destiné à accueillir les travaux de jeunes artistes ou d'étudiants talentueux. " En face, de l'autre côté du jardin, le cinéma du centre affiche des programmes très variés allant des films d'art et d'essai aux dernières grosses productions américaines. Et si l'on s'étonne (un peu bêtement) de voir que Viridiana de Bunuel est à l'affiche - le film ne s'achève-t-il pas par une impitoyable parodie de la Cène ? - le père Didier nous répond gentiment qu'on ne forme pas des jeunes en étant " béni oui oui ". Le but, d'ailleurs, n'est pas d'imposer aux jeunes des activités ajoute-t-il : " le CUC fonctionne à partir d'initiatives suggérées aussi bien par les religieux que par les étudiants ". Le bel auditorium du CUC (il peut accueillir 700 personnes) est, quant à lui, le théâtre de conférences culturelles diverses animées aussi bien par des philosophes ou des artistes, que par des théologiens. Depuis la naissance du CUC, les étudiants ont eu la chance d'entendre notamment Octavio Paz, Carlos Fuentes, Bunuel ou encore David Siquieros... Enfin, ils ont la possibilité de suivre des cours des langues puisque les religieux du CUC louent leurs salles à un service académique qui fonctionne donc au sein de leur structure. Un moyen ingénieux de drainer les étudiants et de financer le CUC qui ne bénéficie évidemment d'aucune subvention.

L'entreprise est de taille mais l'apostolat du père Didier dépasse largement le cadre de ce bâtiment… Les pères dominicains du CUC - ils sont une petite dizaine - n'ont pas seulement charge d'âmes étudiantes ; ils sont également responsables d'une paroisse territoriale de quelque 100 000 Mexicains. " Lorsque je suis arrivé au Mexique, se souvient Didier Leurent, le sud de la ville était un gigantesque champ de lave. En quelques nuits, à la fin des années 60, ce terrain a été littéralement pris d'assaut par la population relativement pauvre qui l'occupe aujourd'hui. Notre paroisse s'étend sur une bonne partie de ces nouveaux quartiers." Ces quartiers qu'il a vu naître, le père Didier les connaît par cœur et lorsqu'il les traverse en voiture, il est gaiement salué par les paroissiens : " je les connais bien, explique-t-il, il m'arrive souvent de me rendre chez eux mais je préfère qu'ils viennent à moi : la démarche me semble importante. " Avec tendresse et simplicité le père Didier se mêle à la vie de ses paroissiens ; " il y a quelques années, raconte-t-il amusé, je participais, pour les soutenir, à des réunions d'alcooliques anonymes. Certains Mexicains se méprenaient sur les raisons de ma présence et étaient extrêmement choqués et surpris de voir un religieux alcoolique ! "

 

Transmettre l' " appel du large "

Et il reste encore de l'énergie au père dominicain pour entraîner régulièrement des étudiants ou des universitaires en dehors de Mexico. Il attache une importance toute particulière à ces marches de quelques jours ou encore à ces semaines saintes passées en groupe auprès des habitants de petits villages. Le père Didier nous invite à voir plus haut, à voir plus loin, et, tranquillement, sans faire de bruit, il transmet l' " appel du large " à ceux qui croisent son chemin. Il aime citer un beau texte de Terres des hommes qu'il appelle " la parabole des canards sauvages ". Une parabole qu'il sème au quotidien.

" Quand les canards sauvages passent au cours de la période des migrations, ils provoquent de curieux cataclysmes sur les territoires qu'ils traversent. Les canards domestiques, comme aimantés par le grand vol triangulaire, tentent un envol maladroit. L'appel sauvage éveille en eux des réminiscences migratoires. Et leurs petites têtes dures toutes pleines d'humbles images de mares, de vers de terre et de poulaillers, sont tout à coup submergées par les étendues continentales, la saveur des vents du large et la géographie des océans. Le canard domestique ignorait que son cerveau était vaste au point de contenir tant de merveilles. Et soudain, il bat des ailes, il oublie le grain, il dédaigne les vers et il veut devenir canard sauvage. "
Saint-Exupéry

 

Lire aussi l'article sur l'UNAM et le portrait du Père Didier Leurent, animateur du CUC.

© Un Monde à penser 2002

 

Sommaire Amérique